Mission Fatu Huku 2016

Croisières Itemata MARQUISES - Fatu Huku for European Spatial Agency 2016Départ de Atuona, village principal de Hiva Oa, une des 2 îles majeures des Marquises. Il est 3 heures du matin. Nous avons un peu plus de 6 heures de route avant d'atteindre notre destination: Fatu Huku.
Ilôt désert, ce site n'a pratiquement jamais été plongé. Nos scientifiques espèrent prendre une photo d'une demoiselle endémique, non pas seulement des Marquises mais de cet île de Fatu Huku en particulier. Croisières Plongée Itemata - Marquises - Fatu Huku ESA 2016Nous approchons tranquillement à 7 noeuds par un temps splendide et vent portant. L'équipe est ravie. A l'approche, la vue est magnifique. L'équipage est sous le charme de ce caillou inexploré de 2 km de long qui culmine à 360 mètres. Un trou dans le rocher à l'ouest de l'île, ressemble au Rocher Percé de Gaspésie, est un joli clin d'oeil à nos québécois à bord.L'eau est aussi claire et bleue que dans les lagons de Polynésie. C'est en partie l'absence totale de sédiment qui laisse l'eau clair ici même après de fortes pluies.
Croisières Plongées Itemata - Rocher Percé - Marquises - Fatu Huku 2016


Quelques arbustes sur les parois verticales font le paradis des oiseaux marins. Rapidement, Itemata est repéré par les fous bruns. Un jeune s'est accaparé le balcon avant tribord et repousse avec acharnement ses congénères. Il est énorme vu de près et Junz est impressionné.Croisières Plongées Itemata - Fou brun de Fatu Huku 2016 Notre équipe entame sa mission dès qu'Itemata est à l'ancre. Antoine est impatient d'essayer l'équipement installé sur le Zodiac. Le sondeur et un sonar sont fixés sur un des bancs du bateau et un bras métallique sur mesure permet à la gopro de filmer sous l'eau. Le catamaran est à l'intérieur de ce qui ressemble à un ancien lagon. Quelques formations coralliennes immergées à environ 10 mètres de profondeur sur les versant sud, est et ouest. Je me jette à l'eau pour inspecter la tenue du mouillage.

Cette roche austère n'offre pas d'abri et le débarquement est impossible. L'expédition nécessite un temps clément comme nous avons pour cette mission.

Le lendemain, l'équipe scientifique se prépare à une expédition pour la journée. Départ 6 heures du matin. Après un essai radio, l'annexe d'Itemata disparaît derrière l'imposante masse rocheuse de Fatu Huku.
Objectif: l'exploration du nord de l'île.
En fin d'après-midi, à leur retour, nous décidons de plonger au sud. Il est 16h30 à la mise à l'eau.Croisières Plongées Itemata - Départ en plongée - Fatu Huku 2016
Comme la houle est assez forte depuis quelques jours, la mise à l'eau se fait à une dizaine d emêtres de la paroie rocheuse. Nous ne nous attardons pas à la surface à cause du fort resac.
Bien que le soleil soit déjà bas sur l'horizon, la visibilité est d'environ 20 mètres.
Le tombant vertical avec des cavités donne sur un fond de sable et des éboulis de basalte. La faune est très active. Des bancs de poissons sont nombreux et passent très de nous, peu farouches.
Carangues bleues, carangues noires, nasons, très gros lutjans, chirurgiens. 
Le nason à bosse, avec son rostre incurvé, peu commun est assez présent et de grande taille, les adultes sont remarquables par leur filament à la queue.
Deux très gros spécimen de carangues inobilis passent à quelques centimètres de nous ainsi que de très gros barracudas solitaires.
Une magnifique raie marbrée explore comme un tapis volant le fond d'éboulis.  Une raie léopard avec son camouflage foncé, quant à elle, beaucoup plus claire que celles observées aux Tuamotu, se déplace sur la zone sableuse.

Sur les roches poussent quelques algues et éponges dont une jeune tortue fait son régal.
Certains endroits sont recouverts d'une forte concentration d'oursins. 2 ou 3 espèces tapissent le fond. La faune polynésienne de récif est présente à Fatu Huku. Zancles, chirurgiens, tétrodon, gros poissons. 

Mais pas de nouvelle de notre demoiselle endémique!
Pratiquement pas de requin dans cette zone. Un des objectifs de la mission scientifique est d'observer l'effet du réchauffement climatique sur les coraux. L'équipe doit photographier de nombreuses formations coralliennes. Les gros lutjans défendent leur territoire avec un comportement fort agressif. Attention les doigts.

Nous sortons de l'eau juste avant le coucher du soleil. Assez étonnés de la richesse des fonds marins 
qui contraste avec l'aspect extérieur du caillou pelé et isolé de Fatu Huku, repère des oiseaux marins.
La mission est un succès et le travail, terminé dans les temps, nous laisse le loisir de visiter la prochaine île de Tahuata.
Mais cela est une autre histoire.
Frédérique